Vous avez mal ? Les paradoxes de la douleur à l’hôpital Des services de maternité aux services de soins palliatifs, en passant par les services de chirurgie, de pédiatrie ou encore de gériatrie, la question de la douleur se retrouve à tous les étages d’un établissement de soins. Gémissements, cris, plaintes - la douleur a un visage - ; douleur aigue, douleur « chronique et rebelle », douleur post-opératoire, fibromyalgie, centre anti-douleur, échelles EVA, antalgiques, anesthésie – en milieu hospitalier la douleur possède tout un champ lexical. Chaque époque et société a donné à ce phénomène une signification différente. Selon la définition de l’association internationale pour l’étude de la douleur (IASP, 2020), "la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes". Cette définition met l’accent sur la complexité du phénomène douloureux, notamment la question de son repérage et de son évaluation. Derrière la plainte douloureuse, située à l’endroit du corps, se loge parfois une autre douleur : la douleur d’exister, une expérience de deuil, une angoisse dont le corps se fait alors le porte-parole. La douleur revêt des paradoxes : elle ne fait parfois pas souffrir, peut même être recherchée ; elle vient parfois […]
